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novembre 2011

23 billets

Stefano Tealdi, « La science du pitching » → 3continents.info

Depuis plus de 10 ans, les ateliers « Produire au Sud » forment, le temps du Festival des 3 Continents, une dizaine de jeunes producteurs d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie à la coproduction internationale.
Au détour de l’un de ces ateliers, nous avons rencontré Stefano Tealdi, intervenant expert en ‘pitching’, ou l’art de convaincre – en moins de 3 minutes – un producteur d’investir dans un projet de film.

Par Amaury Cornut et Faustine Gilles

Nov 28, 20116 notes
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Nov 28, 201110 notes
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The sword identity, Une réflexion tranchante sur l’identité

Sous la dynastie Ming, au XVIe siècle, deux sabreurs débarquent sur la côte chinoise. Décidés à faire accepter leur philosophie des arts martiaux par les 4 grands maîtres locaux, ils vont devoir rivaliser d’adresse et de persévérance.

 

 

Film de sabre, donc de genre, The sword identity nous plonge, dès les premières minutes, dans une atmosphère feutrée et solennelle. Les dialogues étant rares, chaque combat rompt violemment le silence. Dans cette Chine ancestrale, chacun défend, au péril de sa vie, sa propre approche spirituelle des arts martiaux. Lorsque deux étrangers débarquent avec des armes et des techniques de combat inconnues des maîtres martiaux, la tension est palpable.

 

Extrait du film The Sword Identity de Xu Haofeng.


Le film diffère cependant des productions martiales chinoises ou hollywoodiennes de ces dernières années : il n’utilise aucun effet spécial. On est très loin des effusions de sang de Kill Bill. À peine touchés, les perdants se figent, pétrifiés, avant de tomber au sol. La mort est détournée, cachée, comme pour laisser planer le doute. Les coups fatals s’enchaînent pourtant, mais avec la pudeur nécessaire pour ne pas dévaloriser le perdant. Les combats sont ralentis, découpés, voire filmés hors-champ. Ils conservent ainsi leur noblesse et mettent en valeur les mouvements chorégraphiés par le réalisateur Xu Haofeng lui-même.

 

Si les armes et les coups sont tranchants, les dialogues sont, eux, parfois teintés d’ironie. On est d’ailleurs facilement conquis par l’un des deux sabreurs étrangers, sorte de super héros nonchalant et attachant comme Johnny Depp dans Pirates des Caraïbes. Une ironie qui cache une féroce volonté de faire reconnaître son art et de le transmettre. The sword identity propose, en effet, une réflexion sur la transmission des savoirs entre les générations. Il met en lumière la sagesse des anciens face à la fougue des jeunes. L’expérience des uns face à la naïveté des autres. Et réconcilie finalement les deux parties.

 

A priori sombre et froid comme une lame, The sword identity propose plus qu’un enchaînement de combats de sabres, de masses et de lances. Malgré des seconds rôles peu convaincants et des travellings parfois amateurs, Xu Haofeng revient à une approche plus simple du film de sabre. Il rassemble l’histoire, la philosophie et les arts chinois dans une seule et même armure. Une façon de remettre en question notre propre identité pour tenter de la percer.

 

Christophe Herlédan

 

Fiche technique

The sword identity de Xu Haofeng

Pays : Chine

Année : 2011

Durée : 108 minutes

 

 

Toutes les critiques du 33e Festival des 3 Continents sur Preview : http://www.3continents.info/category/critiques/

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Nov 28, 20118 notes
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Nov 27, 2011
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Nov 26, 2011
Regards croisés sur la violence en Israël

 Une fiction et un documentaire scrutent l’inconscient collectif israélien et jettent une lumière inédite sur le climat de violence entretenu dans le pays.

Nadav Lapid, réalisateur franco-israélien


Violence dans l’histoire d’un peuple

En parlant de son film Policeman, le réalisateur israélien Nadav Lapid affirme que l’image du soldat est ancrée dans les esprits en Israël, comme une vision archétypale de l’homme et de la virilité. Cette déclaration met en lumière une image figée dans l’inconscient collectif qui participerait à l’entretien d’un climat belliqueux, propice aux conflits du Moyen-Orient. À travers Policeman, Nadav Lapid souhaite dénoncer cet état d’esprit.
Dans le documentaire Pour un seul de mes deux yeux, le réalisateur Avi Mograbi montre lui aussi une violence ancrée dans l’histoire israélienne qui, loin d’être remise en cause, est transmise aux jeunes générations comme un patrimoine que l’on devrait préserver. En nous montrant les visites touristiques du site de Massada, il donne moins à voir l’intérêt porté à un lieu historique que la transmission d’une culture. Ceux qui se rendent en pèlerinage à Massada cherchent une connexion avec leur passé mais semblent aussi trouver une résonance dans la situation actuelle d’Israël.



Le sacrifice valorisé


Dans Pour un seul de mes deux yeux, on voit que la mort, comme échappatoire à la défaite et au déshonneur, est enseignée dans des classes de très jeunes enfants. Difficile de ne pas trouver choquante cette sensibilisation à un acte habituellement condamné par les religions monothéistes. Le sacrifice devient une conduite héroïque.
En haut de la forteresse de Massada, de jeunes touristes sont invités à se mettre à la place des rebelles juifs assiégés par les Romains en 73 après Jésus-Christ. Les adolescents se prennent au jeu : rares sont ceux qui choisissent la reddition, quelques-uns optent pour la prière ou le suicide. La plupart décide de combattre, même si, comme l’indique leur guide, la tentative est vaine car les Romains sont largement supérieurs en nombre. Pour beaucoup, la mort s’impose : elle sauve l’honneur et permet l’unité dans un clan. Sous l’apparence d’un jeu innocent, ces jeunes en pèlerinage sur la terre de leurs ancêtres se remettent dans les mêmes conditions que les habitants de Massada. Une situation qui ne prête pas forcément à rire, tant elle traduit le traumatisme de la persécution.



Le complexe de Massada


Cette forteresse a aujourd’hui donné lieu à une qualification médicale, “le complexe de Massada”, qui désigne un comportement hérité des différentes blessures du peuple juif tout au long de son histoire : la nécessité de rester maître de son propre destin, la prise de conscience d’une force supérieure menaçante, le besoin impératif de préserver sa terre.
Symbole de l’héroïsme, Massada représente une concentration de valeurs fondamentales qui ont forgé l’état d’esprit d’une population pour qui perdure le sentiment d’avoir à se protéger, mais aussi à se battre.



Une violence qu’on ne souhaite pas voir


Paradoxalement, lors de sa sortie en Israël, le film Policeman de Nadav Lapid, a d’abord été interdit aux moins de 18 ans. Démesurée, cette décision nous interroge : où les autorités situent-elles la vraie violence ? Selon le réalisateur, c’est celle dont font preuve les radicaux israéliens dans le film qui posait problème, pas celle de la police israélienne : la preuve qu’une violence d’État est tolérée. Au final, cette censure, sous couvert de protéger la jeunesse, semble surtout destinée à cacher un film qui dérange.

Maëlle Le Corre

 

 

Retrouvez un critique du film Policeman, de Nadav Lapid sur Preview : http://www.3continents.info/2011/11/24/policeman-tous-otages-du-reel/

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Nov 26, 20112 notes
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Nov 25, 201115 notes
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Nov 25, 20112 notes
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AH JE L’AI DEJA VU !

Pour Félix, Killian et les autres enfants du service pédiatrie du CHU de Nantes, le Festival des 3 Continents projette Les contes de la mère poule, court métrage iranien. Une séance où les commentaires et la bougeotte sont autorisés.

Killian 3 ans et demi découvre Les contes de la mère poule © Elfie Charles

« Ah je l’ai déjà vu ce dessin animé » annonce fièrement Félix, 7 ans, alors que s’affiche tout doucement le titre du film. Le ton est donné. Le Festival des 3 Continents n’impressionne pas le garçon. Dans la salle de jeux du service, les jouets ont été troqués contre un écran de cinéma. Killian, 3 ans et demi, s’impatiente à l’idée de voir le dessin animé. La séance commence. Chacun s’installe sur sa petite chaise en bois. Lorsque Killian entend les premiers sons du film, il danse sur sa chaise et chantonne, même s’il ne connaît pas l’air. Trois contes animent l’écran pendant 45 minutes, sous les yeux des enfants et de leurs parents. Léa prend beaucoup de plaisir pendant la séance. Malentendante, elle préfère habituellement lire, plutôt que regarder la télé ou des films. « Comme ça j’apprend à bien lire, c’est important, mais là, les contes c’était vraiment bien ! » commente-t-elle un peu timide. Du haut de ses 8 ans, Les contes de la mère poule lui parlent.


« Oh il est trop beau »

Le conte du poisson arc-en-ciel donne le sourire à chacun. Aycan et Léa l’adorent. Pourquoi ? « Parce qu’il a plein de belles couleurs et qu’il est gentil » répondent-elles presque en cœur.  Félix, lui, comprend que ce petit personnage symbolise le partage et la gentillesse envers les autres. Ce sont des valeurs qui comptent pour lui. « Bien fait pour toi poisson-éclair crie-t-il à travers la salle. Non, mais je plaisante il s’appelle pas comme ça en vrai ». Ce qui est sûr c’est que Félix n’aime pas les méchants, tout comme son camarade, ravi de voir que le joli poisson coloré s’en est sorti. Le copain ne se prive de partager son emballement « Ouf ! Il est parti à la vitesse de l’éclair. C’était juste ! »


CHUT !

Ça y est Killian ne tient plus en place ! Il chante, parle d’autre chose, bouge dans tous les sens. « CHUT ! » s’essouffle Félix. Alors, après 15 minutes de film, le cadet de la séance préfère enfourcher son vélo et se promener dans les couloirs du service. Pas facile pour lui de comprendre les personnages faits de tissus et de bouts de ficelles. Les contes iraniens sont loin des dessins animés américains que les enfants ont l’habitude de regarder. Mais Félix, lui, les connaît. D’ailleurs, il ne peut s’empêcher de commenter les scènes à son copain de 7 ans, qui lui aussi s’appelle Killian. « Ah oui et à la fin le poisson va donner ses couleurs à tout le monde ». Zut ! Félix dévoile la chute. « Mais faut pas l’dire » s’offusque son copain.


« J’ai perdu ma dent hier »

Aycan signale qu’elle a perdu sa dent hier, alors que le loup en tissu du deuxième conte s’apprête à dévorer un mouton. Pendant ce temps, Killian a peur « Oh là là ! Il va pas le manger quand même » s’inquiète-t-il auprès de Félix qui le rassure. « Ouf » soupire le garçon soulagé. Son visage apeuré rayonne à nouveau d’un sourire auquel il manque quatre dents. Mais Félix a beau avoir l’air rodé devant ce dessin animé, il confie toutefois à la fin de la séance : « Quand monsieur coq et madame poule appellent à l’aide les animaux tandis que leur petit se noie, ça me rend triste à chaque fois. C’est comme dans la vraie vie, les gens n’écoutent pas assez quand on leur demande de l’aide ! » affirme-t-il avec des mots d’adulte dans son pyjama d’hôpital. Commenter chaque scène, c’est finalement un moyen de se rassurer quand on est enfant parce que quand on ne sait pas ce qui va arriver, ça fait quand même un peu peur !

 

Justine Dagorn


Après les impressions des enfants, passons à celles des adultes avec l’interview de la directrice de la communication du CHU sur Preview : http://www.3continents.info/2011/11/23/une-fenetre-ouverte-en-pediatrie/

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Nov 25, 20111 note
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Nov 25, 20118 notes
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Nov 24, 20112 notes
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Nov 24, 20112 notes
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Girimunho : La femme brésilienne en 4 clés narratives

L’heure matinale (10h !) n’a pas découragé les spectateurs. Ils étaient nombreux, hier matin, à la projection de Girimunho, film brésilien en compétition. La productrice Sara Silveira, à l’issue de la séance, a livré quelques éléments de la culture brésilienne en 4 notions.

@ Johan Fel


Candomble (culte religieux) : Alors que son mari vient de mourir, Batsu est persuadée qu’il est toujours là. Elle continue à entendre le bruit de la forge où il travaillait. Lorsqu’elle en parle à sa voisine, Maria, cette dernière n’est pas surprise et la pousse même à entrer en contact avec l’esprit. Au Brésil, la religion est extrêmement présente. « On peut presque dire qu’on est catholique. Mais c’est une forme de chrétienté bizarre, mêlée à toutes les religions africaines », confirme Sara Silveira évoquant le candomble.

Transmissão (transmission) : Maria do Boi chante et danse au rythme de son tambour. Cette octogénaire est le garant de la tradition dans le village. Elle entraîne avec elle les habitants. « Quand ils chantent ils sont très concentrés, comme transcendés. C’est comme s’ils recevaient quelque chose ». Maria transmet sa culture à son petit-fils en lui apprenant tout au long du film les rudiments du tambour et des chants populaires.

Memória (mémoire) : Malgré des conditions de vie difficiles, les deux femmes sont heureuses. Chaque regard, chaque sourire, est un hymne à la joie. « Quand on fait un film d’auteur, on fait parler les choses. L’idée c’est de faire un contrepoint, montrer qu’avec peu de choses, on peut être heureux ». Loin d’être moralisateur, le film interroge le spectateur sur sa vie sans jamais juger.

Atores (acteurs) : Sur le papier, c’est une fiction. Dans la réalité, Girimunho est plus proche du documentaire. « Batsu était excellente devant la caméra, c’est une actrice née. C’est une femme très forte, toujours positive. Maria était moins à l’aise, elle ne bougeait pas beaucoup sauf dans les scènes de chants où elle dégage une force incroyable. » C’est la vie des deux femmes qui défile à l’écran, leur optimisme inébranlable et leurs espoirs.

Julie Urvoy

> Girimunho, film présenté au Festival des 3 Continents, évoque lui aussi la figure de la femme, c’est sur Preview : http://www.3continents.info/2011/11/23/girimunho-le-tourbillon-des-esprits/



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Nov 24, 20111 note
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Nov 24, 20114 notes
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3 bonnes raisons d'aller au F3C → 3continents.info

Par Amaury Cornut et Faustine Gilles

Nov 24, 201119 notes
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Nadav Lapid : « J'aurais aimé croire que le cinéma pouvait nous sauver »

« C’est le monde, la vie, qui ont copié des scènes de mon film ». Nadav Lapid, au français parfait, et timide au premier abord, s’engage avec passion, en politique comme au cinéma. Policeman, son film réaliste s’accompagne de propos radicaux portés sur son pays.

 

Le fil rouge de Policeman, votre long métrage en compétition, est un combattant israélien. Etait-ce pour vous un moyen d’essayer de comprendre la guerre ?


© Elfie Charles.


Nadav Lapid : En France, il y a les notions de guerre et de paix. En Israël, il n’y a pas cette distinction. Être israélien, c’est être en guerre permanente. À travers les policiers, héros du pays, Policeman est une tentative de sonder la psychologie collective. Examiner la guerre, c’est examiner l’âme israélienne.

 

Un des personnages radicaux crie dans le film, « Policiers, nous ne sommes pas vos ennemis, et vous n’êtes pas les nôtres !». Trouvez-vous cette réplique représentative du monde actuel ?

 

Ce qui rend le film difficile à digérer pour certains, c’est qu’il n’y a pas de “bons”. Le film traite la police avec affection alors que je partage les idées politiques des radicaux. Les deux côtés sont montrés avec leurs faiblesses, et avec ironie. Ils sont bien différents, mais ont beaucoup de choses en commun : le côté enfantin, naïf et violent.

Policeman examine le caractère tragique de la lutte des classes en Israël. Et dans cette lutte qui oppose les policiers à ceux qui essayent de transgresser l’ordre, il y a souvent cette tentative de parler directement au policier, de détacher l’homme de sa fonction en faisant un pas l’un vers l’autre. Cela échoue presque toujours. C’est dans les rares moments où ça réussit, que le régime tombe. Et dans ce film, cela n’advient pas.

Une révolte israélienne semblait il y a quelques années impossible. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

 

Policeman porte sur la possibilité et l’impossibilité d’une révolte sociale à l’intérieur d’Israël. La première projection publique a eu lieu deux jours avant que la première tente “d’indignés” soit montée à Tel Aviv. Elle a précédé une vague de révolte très impressionnante. De nouveau le désespoir s’étale, et de nouveau le film, pessimiste, devient ultra prophétique. Cela a donné des moments drôles. Un journaliste m’a même taxé de prophète !

En tant que manifestant, j’ai témoigné de scènes au quotidien, qui étaient comme tirées de ma fiction. C’est le monde, la vie, qui ont copié des scènes de mon film ! Les rues de ma ville, de mon pays, semblaient être comme le plateau de tournage.

 

Lors de la sortie du film en Israël le 15 octobre dernier, l’accueil a été mouvementé…

 

Les critiques israéliennes, à mon plus grand bonheur, ont été très enthousiastes. Mais pour le public israélien, Policeman est très polémique. Il ne laisse personne indifférent. On m’a même rapporté qu’à la fin des projections, certains s’étaient invectivés. Lors d’un débat très véhément, un spectateur a même essayé de donner un coup de poing à son voisin en clamant : « on n’est pas violent ! ».

En revanche, le comité de censure en Israël a interdit le film aux moins de 18 ans. C’est très rare, très sévère. Un scandale médiatique s’en est suivi, et ils ont alors abaissé l’âge à 14 ans. L’avantage de la censure est qu’elle expose l’échelle morale d’un pays !

 

Ces réactions prouvent à quel point votre film a été perçu comme fortement politique. Cela signifie-t-il que le cinéma israélien ne l’est pas ?

 

Nombre de gens intelligents disent que tout est politique … En Israël, il y a un tel mélange de sentiments, que la distinction entre le politique et le personnel est difficile, voire n’existe pas. Or, le cinéma israélien a tendance à les séparer de façon artificielle : les personnages y sont ultra polis, sympathiques, évoluant au milieu d’une situation très dure. Mais, je ne crois pas aux gens ultra paisibles qui vivent dans un milieu ultra violent.

 

Le 31 octobre dernier, l’Unesco a reconnu la Palestine en tant qu’Etat. Israël a taxé, depuis, la France votante, de « traître ». Quel regard d’artiste portez-vous sur ce conflit ?

 

Moi, je suis du côté de la Palestine. On ne vit pas encore dans une dictature, mais les israéliens et leur gouvernement doivent arrêter d’être si stupides et cruels. J’espère que les Français et les autres seront suffisamment amicaux envers Israël pour tenter de les sauver d’eux-mêmes. On n’en est plus capables. En Europe, vous ne voyez que des films israéliens très à gauche, vous avez l’impression que c’est un pays de débat : ce n’est pas le cas. J’aurais aimé croire que le cinéma pouvait nous sauver.

 

Cyrielle Gendron


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Nov 24, 2011
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Nov 23, 2011
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Nov 23, 2011
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Nov 22, 20111 note
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Nov 21, 20111 note
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